L’entreprise Clearview AI conclut un accord avec l’ICE

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Clearview AI, une entreprise technologique américaine qui fournit un logiciel de reconnaissance faciale, a signé une licence de 224 000 $ avec les Services d’Immigration et de Douane des États-Unis (ICE), comme le rapporte l’organisation sans but lucratif TechInquiry.[1]
Clearview AI s’est fait connaître après que le New York Times a publié en janvier 2020 un rapport sur son application controversée. Cette application permet en téléchargeant une photo du visage d’une personne, de voir des photos publiques la concernant, ainsi que des liens vers l’endroit où les photos sont apparues. Clearview AI a affirmé avoir mis au point un système qui s’appuie sur une base de données de plus de trois milliards d’images[2] provenant de sites web publics et de réseaux sociaux, collectées grâce à une technique appelée scraping (une forme de data mining qui simule la navigation humaine sur le web pour collecter des données spécifiques).
Le fait le plus controversé concernant l’application est que Clearview AI avait plus de 2200 contrats avec des forces de l’ordre, des entreprises et des particuliers dans le monde entier, parmi lesquels le FBI et le Département de la Sécurité intérieure américain.[3]  Après la publication du rapport, Clearview AI a dû faire face à des contestations de la part du procureur général du New Jersey qui a demandé de la cessation de l’utilisation de l’application, car celle-ci soulevait des questions relatives à la confidentialité des données, la cybersécurité, l’application de la loi et l’intégrité des enquêtes.
Dans une cease-and-desist letter (injonction de cesser), Twitter a également demandé à la start-up de cesser le scraping des photos et des données du réseau social et de supprimer toutes les données collectées précédemment, alléguant une violation de ses conditions de service. Google, YouTube et Facebook ont suivi. Le fondateur de Clearview AI, Hoan Ton-That, a affirmé que c’était son droit au titre du premier amendement de collecter des photos publiques et de les utiliser pour son logiciel.[4]
Les Services d’Immigration et de Douane des États-Unis ont également soulevé une controverse pour son utilisation de la technologie de reconnaissance faciale. L’année dernière, le Washington Post a rapporté que le FBI et l’ICE avaient transformé les archives des permis de conduire de chaque État en une base de données de reconnaissance faciale, en scannant des millions de photos d’Américains sans obtenir de consentement préalable ni les informer[5].
L’avis d’attribution du marché montre que le bureau de financement est le Département de la Sécurité intérieure (Homeland Security Department), une division de l’ICE chargée d’éviter les activités qui impliquent le passage des frontières. Le PDG de Clearview AI a affirmé que l’accord entraînera un déploiement de l’application principalement pour les cas impliquant des mineurs.
En outre, Clearview AI a récemment fait l’objet d’une enquête par le Bureau fédéral du Commissaire à la protection de la vie privée du Canada (OPC), afin d’établir si le scraping de données sans le consentement des utilisateurs violait la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (PIPEDA). Ensuite, l’application a été déclaré interdite par l’autorité partout au Canada.[6]
Enfin, en juin dernier, le Conseil européen de la Protection des Données (CEPD) a fait part de ses préoccupations concernant cette application, rappelant qu’en vertu du RGPD, les organismes de police ne peuvent traiter des données biométriques que pour identifier des personnes physiques conformément aux articles 8 et 10 de la directive. Par conséquent, le Conseil a exprimé que l’utilisation de ce service par les organismes de police n’est probablement pas conforme à la législation de l’UE en matière de protection des données.[7]
[1] Tech Inquiry – US Federal Contracting https://techinquiry.org/lobbying/search/?text=palantir%20OR%20anduril%20OR%20%22clearview%20ai%22.
[2] K. O’Flaherty, Clearview AI’s Database Has Amassed 3 Billion Photos. This Is How If You Want Yours Deleted, You Have To Opt Out, Forbes, 26/01/20. h t t p s : / / w w w . fo r b e s . c o m / s i t e s / k a t e o fl a h e r t y u k / 2 0 2 0 / 0 1 / 2 6 / c l e a r v i e w – a i s – d a t a b a s e – h a s – a m a s s e d – 3 – billion-photos-this-is-how-if-you-want-yours-deleted-you-have-to-opt-out/#629e31a260aa.
[3] R. Mac, C. Haskins, L. McDonald, Rogue NYPD cops are using facial recognition app Clearview, New York Post, https://www.buzzfeednews.com/article/ryanmac/clearview-ai-fbi-ice-global-law-enforcement.
[4] T. McKay, CEO of Creepy Face Recognition Firm Clearview AI Says He Has First Amendment Right to Billions of Photos, Gizmodo, 02/04/20. https://gizmodo.com/ceo-of-creepy-face-recognition-firm-clearview- ai-says-h-1841461190.
[5] D. Harwell, FBI, ICE find state driver’s license photos are a gold mine for facial-recognition searches, The Washigton Post, 07/07/19. https://www.washingtonpost.com/technology/2019/07/07/fbi-ice-find-state-drivers-license-photos-are-gold-mine-facial-recognition-searches/.
[6] T. McKay, Shady Face Recognition Firm Clearview AI Says It’s Left Canada Amid Two Federal Investigations, Gizmodo, 07/06/20. https://gizmodo.com/shady-face-recognition-firm-clearview-ai-says-its-left-1844287344.
[7] European Data Protection Board, Thirty-first Plenary session: Establishment of a taskforce on TikTok, Response to MEPs on use of Clearview AI by law enforcement authorities, Response to ENISA Advisory Group, Response to Open Letter NYOB, 20/06/20.

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