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Pégasus : la plus grave affaire de cyberespionnage depuis l’affaire Snowden

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Un consortium de 17 médias, dirigé par Forbidden Stories et Amnesty International, est venu perturber la tranquillité d’un dimanche ensoleillé en révélant une sale affaire : le cyberespionnage par l’entreprise israélienne NSO de nombreuses personnalités publiques issues de pays différents. Un cyberespionnage d’un degré d’élaboration et d’une ampleur inégalables…

Cette entreprise, régulièrement impliquée dans des affaires de surveillance de “cibles à haute valeur” (responsables et opposants politiques, industriels, avocats, influenceurs, journalistes), s’est toujours défendue de déployer son logiciel uniquement pour obtenir des renseignements sur des réseaux criminels ou terroristes.

Or, si l’on peut argumenter dans le sens d’une interprétation large et ouverte du crime et du terrorisme, on peut difficilement justifier la surveillance de 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains, ou encore 65 chefs d’entreprise…

Une entreprise en croissance continue

Comme évoqué précédemment, NSO est une entreprise israélienne experte en espionnage téléphonique, vendant officiellement ses services pour lutter contre le terrorisme et le grand banditisme. Créée en 2011, l’entreprise ne cesse de croître et de recruter des pirates informatiques afin qu’ils “identifient et exploitent des failles dans les systèmes d’exploitation des smartphones”[1].

NSO investit en masse pour perfectionner ses logiciels d’exploitation de failles (notamment dans les systèmes Android et iOS). Et c’est une stratégie payante : l’entreprise peut désormais installer son logiciel sur les téléphones sans “qu’aucune action ne soit requise de la part du propriétaire”. “Impossible donc, de se douter d’une éventuelle intrusion”[2]. Une fois le logiciel installé, il lui est possible d’aspirer le contenu de l’appareil : appels téléphoniques, messages chiffrés ou non, photos, contacts, géolocalisation, nombre de pas parcourus, historique de navigation, accès à la caméra ou au micro à distance… le tour sans que la personne ciblée ne soit au courant.

Comme l’a révélé Forbidden stories, le crime et le terrorisme ne représentent en réalité qu’une infime partie des usages des services de NSO. Services vendus à une quarantaine d’Etats dans le monde.

Des suppositions erronées ?

A son habitude, NSO a “nié fermement les fausses accusations portées dans l’enquête”[3], dénonçant cette dernière comme “bourrée de suppositions et de théories non corroborées”[4].

Un cyberespionnage international

L’enquête révèle donc que certains pays ont volontairement détourné l’usage premier de ce logiciel pour espionner leurs propres citoyens, mais également d’autres personnes qui seraient à l’étranger et qui pourraient nuire à leur gouvernement. D’après l’enquête, la France n’utiliserait pas ce logiciel, mais ce serait le cas de l’Inde, la Hongrie, le Mexique, le Maroc ou encore l’Arabie Saoudite

En France, environ 1000 numéros de téléphone auraient été ciblés et l’Etat marocain serait l’auteur de certains ciblages notamment de journalistes et acteurs de médias. On compte parmi ces numéros celui du fondateur de Mediapart Edwy Plenel (média ayant porté plainte), du célèbre polémiste Eric Zemmour ou de membres du Monde, du Figaro et du Canard enchaîné.

L’Inde a pour sa part refusé de croire aux résultats de cette enquête. Le ministre indien de l’informatique a répliqué qu’il n’y avait aucune substance derrière cette affaire sur le Projet Pegasus, qu’il qualifie de « sensationnalisme ». En effet, il affirme que toute sorte de surveillance illégale est impossible en Inde[5].

Enfin, l’enquête a révélé que les téléphones de plusieurs proches de l’opposant saoudien Jamal Khashoggi (l’éditorialiste saoudien du Washington Post assassiné le 2 octobre 2018 en Turquie) étaient sous surveillance par le logiciel de NSO, et ce avant et après le meurtre de ce dernier. Encore une fois, l’entreprise se défend d’avoir eu quelconque contribution dans la répression des voix dissidentes.

De son côté, le Monde a déjà prévenu que de nouvelles révélations sur ce mystérieux outil Pégasus seraient faîtes dans la semaine… affaire à suivre donc !

 

[1] Beurnez, Victoria. “TOUT COMPRENDRE – L’affaire Pegasus, Cyberespionnage De Grande Envergure.” BFMTV, 19 July 2021, 12:01, www.bfmtv.com/tech/tout-comprendre-l-affaire-pegasus-cyberespionnage-de-grande-envergure_AN-202107190171.html.

[2] Voir note 1

[3] AFP. “Pegasus : Une Société Israélienne Accusée De Servir L’espionnage Mondial De Reporters Et Dissidents.” LEFIGARO, 18 July 2021, 22:49, www.lefigaro.fr/flash-eco/une-societe-israelienne-accusee-de-servir-l-espionnage-mondial-de-reporters-et-dissidents-20210718.

[4] Voir note 3

[5] Desk, FPJ Web. “’No Substance behind This Sensationalism’: IT Minister Ashwini Vaishnaw on Pegasus Project Report.” Free Press Journal, 19 July 2021, www.freepressjournal.in/india/no-substance-behind-this-sensationalism-it-minister-ashwini-vaishnaw-on-pegasus-project-report.

 

Sources :
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